Irak agressé, occupé, envahi, pillé, détruit et colonisé, depuis 25 ans...

vendredi 20 février 2009

n°241- dossiers de l'Afghanistan -19-02 - 1 - : Les Etats-uniens cherchent les moyens d'éviter l'enlisement en Afghanistan.

 

Sent: Friday, February 20, 2009 9:20 AM
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Subject: n°241- dossiers de l'Afghanistan -19-02 - 1 - : Les Etats-uniens cherchent les moyens d'éviter l'enlisement en Afghanistan.


                                          Aujourd'hui, face aux ambitions hégémonique de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

                               Les médias occidentaux dans leur large majorité accepte les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .  

                                                                      Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre! 

                                                                                      Sa diffusion est un acte de résistance.



           dossiers de l'Afghanistan n°241 du 19-02
                                        C.De Broeder & M.Lemaire                                                                             



 Le "journal de l'Afghanistan" est  visible  sur mes blog : 

NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :  
Tiré à part :

A nouveau des civils tués dans une frappe aérienne des forces internationales.

1-1 L'Otan renforce ses «psyops».

1-2 Reportage instructif au JT de la RTBF sur la formation des policiers afghans par les occidentaux.

2 Brèves

2-1 Obama ne voit pas de solution exclusivement militaire a sa guerre contre l'Afghanistan.

2-2 Afghanistan, Pakistan, l'irruption des « néotalibans ».

3  Dossiers

3-1 Les États-Unis et l'état de droit.

3-2 William Blum : Le rapport qui accable l'Empire.

3-3 Les Etats-uniens cherchent les moyens d'éviter l'enlisement en Afghanistan.

3-4 Amel Blidi : Prisons secrètes de la CIA = La CIA dans la spirale des scandales.

3-5 Afghanistan: des milliers d'armes américaines dans la nature.

T.Hocine : La guerre en Afghanistan.

4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

 

4-1 Des groupes de médecins demandent qu'on élimine les échappatoires sur la pratique de la torture.

4-2 Obama met (presque) fin à la torture.

4-3  60 ans de l'OTAN, c'est assez.

6 Annexe

6-1 L'Alliance atlantique à la recherche de nouvelles missions.


 

 

 

 

 

 

 





 
 
 
 
 
 



                                                                                                                 Tiré à part :
A nouveau des civils tués dans une frappe aérienne des forces internationales.

18-02

Seize personnes, dont six femmes et deux enfants, ont été tuées dans un bombardement des forces internationales dans l'ouest de l'Afghanistan, a annoncé mercredi la police afghane.

Les corps de six femmes et de deux enfants ont été retrouvés peu après une frappe aérienne lundi soir près d'Herat, la grande ville de l'Ouest du pays, a déclaré Ikramuddin Yawar, responsable de la police dans la région. 

Les corps de huit hommes, se trouvaient à proximité, a-t-il précisé.

 Les autorités civiles locales ont identifié pour leur part 13 civils (six femmes, deux enfants et cinq hommes) parmi les morts.

"Nous ne sommes pas sûrs de l'identité des trois autres victimes, mais selon les premières informations recueillies, deux d'entre elles pourraient être aussi des civils, des mécaniciens venus réparer la voiture d'un insurgé", a souligné Naqibullah Arwin, porte-parole du gouverneur de la province.

 "Je peux confirmer que des forces afghanes et de la coalition se sont rendues sur le site de l'opération à Herat hier afin d'enquêter sur place", a déclaré à l'AFP le capitaine Elizabeth Mathias, porte-parole de l'armée américaine.

Sur le site du bombardement, la population était encore sous le choc mercredi. 

"Mon frère était un mécanicien, il avait été appelé pour réparer une voiture. Peu après son arrivée, des avions américains sont arrivés et ont bombardé, tuant mon frère et son assistant", a déclaré à un journaliste de l'AFP Khair Mohammad.

Dans un premier temps, la coalition sous commandement américain avait indiqué que le bombardement visait un chef de la résistance Gholam Yahya Akbari.  "Jusqu'à 15 rebelles associés avec lui pourraient avoir été tués dans le bombardement", avait-elle ajouté dans un communiqué, avant d'annoncer avoir ouvert une enquête.

 AFP,

18/02
http://www.lemonde.fr/international/article/2009/02/18/seize-morts-lors-d-un-bombardement-des-forces-internationales-en-afghanistan_1156845_3210.html

 



Médias et Manipulation de l'opinion / Vidéos
Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.
1-1 L'Otan renforce ses «psyops».

En Afghanistan, l'Otan va renforcer ses capacités en psyops (opérations psychologiques dites «d'influence»).

Après les petits journaux en langue locale, des distributions de postes radio dans la population se multiplient, afin d'écouter les prières... et la bonne parole de l'Otan. La France a l'intention de se renforcer dans ce secteur d'ici à l'été.

 Le Figaro, 13/02/2009


1-2 Reportage instructif au JT de la RTBF sur la formation des policiers afghans par les occidentaux.
visible sur http://www.la1.be/index.htm > Journal télévisé > JT mercredi 18 février (24'30 -> 27'30)
Retranscription (extraits)

Présentateur : les Etats-Unis ont annoncé l'envoi de 17.000 soldats supplémentaires. A quoi vont servir ces renforts de l'armée américaine? L'une de leurs taches prioritaires sera de former la nouvelle armée et la nouvelle police afghane. Nous avons voulu savoir comment se passait ce genre de formation. Dans la même base que les Belges, les américains forment déjà des policiers et des juges afghans. Reportage dans l'académie de police et de justice à Kunduz, Pascale Bourgaux
(Pascale Bourgaux) : Voici l'académie de police à Kunduz. Elle est gérée par une société privée de sécurité pour le compte de l'armée américaine (...)
Aussi surprenant que cela puisse paraître, ce chef d'unité était déjà policier à l'époque des Taliban
[il explique que c'était pour une courte période, mais qu'il était satisfait d'avoir alors un travail pour nourrir sa famille]
"Chez les Taliban, il y a des bons et des mauvais. C'est vrai que beaucoup était extrémistes et s'opposaient à la participation des femmes dans la société..." [en passant, il n'y aura apparemment pas beaucoup de femmes dans la nouvelle police et justice afghane...]
(...)
(
P.B.).Mais au fond qu'apprennent-ils de nouveau ces policiers afghans?
"Eviter de frapper les suspects. Ce sont désormais des méthodes que la police afghane ne peut plus pratiquer" dit le même ex-policier taliban.
"Par exemple si mon cousin enfreint la loi", explique un autre nouveau policier, "et bien j'ai appris que même si c'est mon cousin, je dois l'arrêter."

(P.B.): Dans le même campement se trouve l'académie de justice. Ici, des chefs de village, des juges et des officiers apprennent les techniques occidentales d'investigation criminelle
"C'est totalement différent dans les pays occidentaux" explique un participant afghan, "chez vous on ne peut pas lapider, on ne peut pas emmurer, et là sont les différences"
"Qu'est-ce qu'ils vont faire après ces cours?" lui demande Pascale Bourgaux.
"Ils vont essayer d'appliquer ce qu'ils ont appris, mais je ne suis pas sur que cela sera compatible avec le contexte de notre pays. En fait ils ne pourront pas l'appliquer"répond-il en souriant
(P.B.): Ils ne pourront pas l'appliquer à cause de la charia, la loi islamique reste la référence. Nous aurions aimé en savoir plus mais l'armée américaine sans explications, met fin à notre interview.

 



2 Brèves

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

2-1 Obama ne voit pas de solution exclusivement militaire a sa guerre contre l'Afghanistan.

Barack Obama, qui a annoncé mardi l'envoi de renforts en Afghanistan, s'est dit "convaincu" qu'il ne pouvait y avoir de solution exclusivement militaire au conflit dans ce pays, dans une interview à la chaîne publique canadienne CBC. .

"Je suis absolument convaincu que vous ne pouvez pas régler le problème de l'Afghanistan, des résistants, de la propagation de la résistance dans cette région(ndlr : Afghanistan et Pakistan ?) seulement par des moyens militaires", "Nous devrons user de diplomatie, nous devrons utiliser (l'aide au) développement", a déclaré Obama, exprimant aussi l'"espoir" de pouvoir obtenir le soutien du Premier ministre canadien Harper et de la population canadienne pour cette "stratégie d'ensemble".

M. Obama, a indiqué qu'il comptait présenter "très prochainement" sa "stratégie d'ensemble".

"La préoccupation est grande concernant ce conflit qui dure depuis déjà assez longtemps et qui semble en ce moment s'envenimer", a-t-il ajouté, estimant toutefois que "l'Afghanisant est encore gagnable".

"Il est encore possible pour nous de venir à bout d'Al-Qaïda afin de nous assurer que l'extrémisme ne s'étende pas mais plutôt se contracte".

Selon lui, une des raisons qui explique l'absence des résultats escomptés en Afghanistan est que la guerre en Irak a en partie détourné l'attention de des Usa.

"Nous avons arrêté de suivre le ballon des yeux. Nous n'avons pas été aussi concentrés que nous aurions dû (l'être)", a-t-il dit.

Il a cependant reconnu qu'un retour à la paix dans ce pays sera difficile tant que la vente du pavot financera la résistance, que l'Afghanistan donnera l'impression d'être un pays sans lois et que le "problème" de la frontière pakistano-afghane ne sera pas résolu.

"Je vais demander à d'autres pays de nous aider à bien réfléchir à comment aborder ce problème très difficile", a-t-il ajouté, précisant ne pas avoir dans sa poche "de question spécifique" pour le Premier ministre canadien.

A la question de savoir s'il allait ou non demander au gouvernement canadien de prolonger sa mission de combat, M. Obama est resté vague, répondant "Vous savez, nous avons jusqu'en 2011".

Selon Barack Obama, une des raisons qui explique l'absence des résultats escomptés en Afghanistan est que la guerre en Irak a en partie détourné l'attention de Washington.

 AFP | 18.02.

http://www.tdg.ch/depeches/monde/afghanistan-obama-ne-voit-solution-exclusivement-militaire-conflit

 


2-2 Afghanistan, Pakistan, l'irruption des « néotalibans ».
Extrait

Combien de combattants européens ?

« Quel est le nombre exact de combattants turco-européens ? » Voilà une question à ne pas poser à M. Qari Bilal Ahmadi, commandant du groupe Tora Bora, une nouvelle unité protaliban basée dans les montagnes du même nom, qui montre fièrement une vidéo sur laquelle on le voit commander à des militaires turcs.

Depuis 2006, Al-Qaida est devenu très influent en Turquie, d'où un afflux de plusieurs dizaines de nouvelles recrues. Parmi elles, beaucoup d'immigrés ou de fils d'immigrés possédant une nationalité européenne.

M. Abou Hanifa approche de la quarantaine. Il fait exception parmi les combattants turcs, généralement plus discrets et évitant les apparitions médiatiques.

C'est l'un de leurs formateurs. Il a vécu naguère à Mir Ali, au Waziristan nord.

A présent, il se déplace aux côtés des combattants qu'il forme, tantôt dans la vallée de Shawal au Waziristan nord, tantôt au Waziristan sud. Au cours d'un séjour long et ardu dans les montagnes, ces Turcs ont appris à fabriquer des explosifs avec des ingrédients en vente libre sur tous les marchés. Si la plupart arrivent au Pakistan par des vols commerciaux, certains transitent par l'Iran, convoyés par des passeurs.

Selon les estimations, il y aurait entre trois cents et mille Turcs au Waziristan et en Afghanistan. Beaucoup ont pris part aux combats afghans ou à des attaques Kamikaze, comme ce Germano-Turc nommé Cüneyt Çiftçi, également connu sous le nom de Saad Abu Furkan, qui s'est fait sauter avec une camionnette, le 3 mars 2008, près d'une base américaine, dans le district de Sabari, province de Khost, en Afghanistan. Il y a eu deux morts parmi les soldats de l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN), deux autres parmi les travailleurs afghans, et six blessés.

Cependant, une majorité de ces Turcs se rendent au Waziristan, y reçoivent une formation, participent brièvement aux combats contre l'OTAN en Afghanistan, puis rentrent chez eux en Europe, la plupart ayant la double nationalité.

Syed Saleem Shahzad.

http://www.monde-diplomatique.fr/2008/10/SALEEM_SHAHZAD/16362



3  Dossiers

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

3-1 Les États-Unis et l'état de droit.

Une demande pressante des Américains et des peuples du monde aujourd'hui est que les États-Unis ne soient pas au-dessus de la primauté du droit. Ceux qui luttent pour leurs droits exigent que les États-Unis se soumettent à la primauté du droit, ce qui veut dire qu'ils doivent respecter les principes qu'il renferme et agir en conséquence.

Les États-Unis sous George W. Bush ont contribué à saper l'état de droit. Les guerres illégales contre l'Irak et l'Afghanistan, les bombardements au Pakistan, la déportation vers la torture, Guantánamo, Bagram, les prisons secrètes de la CIA, les commandos secrets et les interventions dites préventives qui foulent au pied la souveraineté, les crimes contre la paix, tout cela a placé les États-Unis au-dessus de la primauté droit. Les peuples du monde ne l'acceptent pas et ils rejettent le diktat des États-Unis.

C'est une demande si pressante que le président Barack Obama a dû y consacrer une partie de son discours inaugural. « Nous rejetons comme faux le choix entre notre sécurité et nos idéaux, a dit le président. Nos Pères fondateurs, face à des dangers que nous pouvons à peine imaginer, rédigèrent une charte qui garantit la primauté du droit et les droits de chaque être humain, une charte renforcée depuis par le sang des générations. Ces idéaux éclairent encore le monde, et nous ne les abandonnerons pas par opportunisme. » Son secrétaire à la Justice, Eric Holder, qui témoignait devant le Congrès, a dit : « Le respect de la primauté du droit renforce la sécurité en privant les organisations terroristes de leur outil de recrutement préféré. » Lorsqu'on lui a demandé si le président avait l'autorité en tant que commandant en chef d'ordonner des actes de torture, Holder a dit : « Personne n'est au-dessus de la loi. »

L'opposition est telle que Barack Obama a ordonné la fermeture de la prison de Guantánamo au deuxième jour de son entrée en fonction. Guantánamo est le lieu où les autorités américaines ont commis des crimes : torture, détention déterminée sans accusation ni procès et tribunaux militaires sans justice. Le décret signé par Obama dit que les États-Unis vont respecter les Conventions de Genève, toutes les lois internationales et les lois américaines. Le président Obama a ordonné « un examen rapide et complet » du statut des prisonniers détenus à Guantánamo. Il a également ordonné un examen des politiques de détention et d'interrogation. Ces mesures initiales sont bien accueillies puisque tous veulent que la prison soit fermée et que les nombreux prisonniers qui ne sont coupables d'aucun crime soient libérés le plus tôt possible. Mais le monde surveille la situation de près et veut voir comment les décrets du président se traduiront en pratique. Les États-Unis ne doivent pas seulement dire qu'ils vont respecter la primauté du droit, ils doivent le faire en pratique.

À cet égard, ceux qui militent contre la torture et la détention indéfinie se disent inquiets que les décrets du président laissent encore la porte ouverte à ces deux pratiques illégales, surtout en ce qui concerne les personnes appréhendées dans le cadre d'« opérations de lutte au terrorisme ». Beaucoup croient que le camp de prisonniers de Bagram en Afghanistan, une prison de l'armée américaine, n'est pas visé par les décrets. Bagram est maintenant l'endroit où sont détenus la plupart des « combattants ennemis illégaux ». Plus de 600 prisonniers y sont détenus. Et contrairement aux prisonniers de Guantánamo, ces derniers n'ont pas eu droit à un avocat ou à un examen judiciaire. Certains y ont été amenés par la déportation. Plusieurs de ces prisonniers ont été torturés et le comité international de la Croix rouge a condamné les conditions dans lesquelles ils sont maintenus. Et pourtant Bagram n'est pas mentionné par les décrets du président et les porte-parole de l'administration Obama ont déclaré que rien ne changera à cette prison pendant au mois six mois. Le camp de Bagram doit être fermé immédiatement. Toutes ces prisons doivent être fermées. Les Conventions de Genève concernant le traitement des prisonniers de guerre et des combattants illégaux doivent être respectées.

Plusieurs déclarations faites par le secrétaire à la Justice devant le Congrès ont eu pour effet de susciter d'avantage d'inquiétudes parmi ceux qui surveillent de près ce que les décrets du président signifieront en pratique. Eric Holder a fait savoir qu'un nouveau Guantánamo pourrait être établi en territoire américain. En réponse à un congressiste qui demandait si les prisonniers de Guantánamo amenés aux États-Unis seraient traduits en justice devant des tribunaux fédéraux, Holder a dit : « Je crois que nous voulons garder nos options ouvertes. Je ne sais pas exactement quel système nous mettrions en place ou quel système nous utiliserions pour juger ces personnes. » Il a dit que le système « respecterait nos valeurs » et qu'il y aurait des « garanties de procédure ». Beaucoup ont déjà fait remarquer que la création d'un nouveau système par l'appareil exécutif traduirait nécessairement deux poids deux mesures et serait sans doute contraire à la constitution. Le droit actuel, tant les lois américaines que les Conventions de Genève, prévoit des procès publics devant des tribunaux fédéraux ou des tribunaux militaires, selon le cas, ou devant des tribunaux internationaux en cas de conflit d'interprétation de la catégorie « combattants ennemis ». Pourquoi, dans ce cas, est-il nécessaire de « laisser nos options ouvertes » et de mettre en place un autre système ?

Par ailleurs, les prisons américaines sont notoires pour la pratique de la torture. En effet, bon nombre des méthodes utilisées à Guantánamo, comme l'isolement cellulaire et l'humiliation systématique par les gardiens, sont monnaie courante dans les prisons américaines. Les décrets du président ne prévoient pas l'abolition de la torture dans les prisons américaines. On a toutes les raisons de croire qu'elle continuera d'avoir cours dans le nouveau système dont parle le secrétaire à la Justice. Les plans de créer des camps sous l'égide de la FEMA (agence de gestion des mesures d'urgence) pour détenir un grand nombre de personnes en cas d'« urgence nationale », aux causes naturelles ou humaines, alimentent d'ailleurs les inquiétudes à ce sujet.

L'Organisation marxiste-léniniste des États-Unis se joint aux nombreuses organisations de défense des droits des prisonniers détenus aux États-Unis et dans le monde. Un principe important de la lutte pour la primauté du droit est qu'il n'y ait pas deux poids, deux mesures : pas de discrimination, de mesures gouvernementales arbitraires ou d'impunité des autorités.

D'autre part, le fait que ces décisions sont prises par le président et appliquées par décret, comme l'a fait George W. Bush, inquiète également. Étant donné les contradictions qui existent dans les cercles dominants sur la façon de poursuivre la guerre à la terreur, il est possible que le président Obama considère qu'il soit nécessaire de se prévaloir de ses prérogatives exécutives pour faire passer ses priorités sans opposition intérieure. Mais cela signifierait en pratique la continuation du modus operandi de Bush, en vertu duquel c'est le président qui décide quelles lois sont appliquées et lesquelles ne le sont pas.

En fait, Obama pourrait aller plus loin que Bush dans l'utilisation du pouvoir exécutif. Il a indiqué que c'est lui, et non le Congrès ou le pouvoir judiciaire, qui mettra en place un autre système pour juger les personnes que le président considère comme étant « trop dangereuses » pour être relâchées ou jugées selon la procédure établie. Il est question ici d'établir un nouveau système, aux États-Unis, décidé par le président. Cela crée une situation assez dangereuse. Les peuples du monde sont censés croire que, puisque le président Obama est « un bon président » comparé à Bush, les décisions qu'il prendra seront « de bonnes décisions ». Or, personne, « bon » ou « mauvais », ne peut être au-dessus de la loi. D'autre part, tout changement fondamental à la procédure légale établie doit faire l'objet d'un débat public et être approuvé. La volonté juridique n'incarne la volonté populaire que si la population est informée et dispose des moyens de formuler ses convictions et d'approuver les décisions.

Une primauté du droit digne du nom codifie les sacrifices consentis par les peuples dans la lutte pour leurs droits et sert à défendre ces droits. La définition de ces droits est une affaire publique. Ils ne peuvent être définis par un seul homme et son cercle intérieur, qu'il soit bon ou mauvais. L'époque du droit divin des droits est révolue, il y a plus de 200 ans dans le cas des États-Unis. Cette révolution a été codifiée dans la Constitution américaine et la primauté du droit international est codifiée par la lutte héroïque des peuples du monde contre le fascisme durant la Deuxième Guerre mondiale. Il est temps de moderniser la Constitution américaine et de défendre la primauté du droit international. Pour cela, il faut suivre le principe que la primauté du droit défend les droits de tous.

(Original : www.usmlo.org.

Traduit de l'anglais par Le Marxiste-Léniniste.)

 http://www.cpcml.ca/francais/Lmlq2009/Q39031.htm


3-2 William Blum : Le rapport qui accable l'Empire.

Nous ne pouvons croire en un changement de discours. Je le dis depuis longtemps : quels que soient les changements dans le bons sens qui pourraient se produire dans les questions de politique intérieure, et ceux qui se sont déjà produits sur le plan de l'environnement ou de l'avortement, l'administration Obama n'apportera rien d'un tant soit peu significatif dans la politique étrangère américaine. Et très peu de mesures, dans ce domaine, seront prises pour alléger le niveau de la misère que l'Empire américain apporte régulièrement à l'humanité. Et si Barack Obama désire exprimer clairement ce en quoi il croit sans que cela soit matière à controverse, il est une seule chose en laquelle il croit et c'est l'Empire.

3 février 2009

La bulle de l'obamania devrait déjà avoir commencé à perdre un peu d'air avec les multiples bombardements américains sur le Pakistan au cours des tout premiers jours qui ont suivi l'investiture. Le Pentagone a mis la Maison-Blanche au courant de ses plans et la Maison-Blanche n'a émis aucune objection. Ainsi donc, ce largage de bombes a-t-il été le premier crime de guerre d'Obama. Les douzaines de victimes étaient bien sûr tous des gens mauvais, y compris les femmes et les enfants. Puis, dans ces bombardements, vous ne connaîtrez jamais les noms de toutes les victimes – on peut douter que le Pakistan même les connaisse jamais – ni ne saurez jamais quels crimes elles avaient commis pour mériter la peine de mort. L'un ou l'autre Pakistanais pauvre a sans doute gagné un joli pourboire pour avoir dit aux autorités que tel ou tel type dangereux vivait dans cette maison là-bas plus loin ; trop mauvais pour tous les autres qui vivaient avec ce sale type, ce qui donnait à présumer, naturellement, que le sale type lui-même vivait dans cette maison, là-bas.
Le nouveau secrétaire de presse de la Maison-Blanche, Robert Gibbs, a refusé de répondre aux questions à propos des premières frappes aériennes, en disant : « Je ne vais pas aborder ce sujet (1). » Où avons-nous déjà entendu cela plus tôt ?
Après nombre de ces bombardements au cours des dernières années, un porte-parole des États-Unis ou de l'Otan a solennellement déclaré : « Nous regrettons les pertes en vies humaines. » Ce sont exactement les mots qu'a prononcés l'Armée républicaine irlandaise (IRA) dans bon nombre d'occasions, mais les actions de cette dernière ont été typiquement qualifiées de « terroristes ».
Je souhaiterais pouvoir être un obamaniaque. J'envie leur enthousiasme. Voici, sous la forme d'une lettre ouverte adressée au président Obama, quelques-uns des « changements auxquels nous pourrions croire » en politique étrangère et qui pourraient avoir lieu pour rallier à Obama les non-croyants dans mon genre.
L'Afghanistan
Peut-être le peuple le plus misérable de la planète, sans espoir en vue aussi longtemps que les puissances du monde continueront à bombarder, envahir, bouleverser, occuper et massacrer son pays. L'armée américaine prévoit de jeter 30.000 jeunes Américains de plus sur les champs de bataille et elle est occupée à construire huit nouvelles bases importantes dans le sud du pays. N'est-ce pas absurde ? Si cela vous paraît sensé, je vous suggère de vous lancer dans la pratique présidentielle consistant à accompagner les militaires quand ils informent des parents américains que leur enfant a perdu la vie dans un endroit qui s'appelle l'Afghanistan.
Si vous vous retirez de ce cauchemar, vous pouvez aussi arrêter de bombarder le Pakistan. Laissez tomber, même s'il en résulte le retour au pouvoir de ces affreux Taliban. Au moins eux offrent la sécurité aux sinistrés du pays et il y a des signes montrant que les actiels Taliban ne sont pas tous des intégristes.
Mais, d'abord, fermez la prison de Bagram et les autres camps de détention, qui sont pires encore que Guantanamo.
Et cessez de prétendre que les États-Unis se préoccupent du sort du peuple afghan et non pas des oléoducs et gazoducs qui peuvent contourner la Russie et l'Iran. Les États-Unis ont tenté de combler le vide du pouvoir provoqué en Asie centrale par la dissolution de l'Union soviétique, et ce, afin d'affimer la domination de Wahsington sur une région qui possède les secondes réserves prouvées de pétrole et de gaz naturel du monde. L'Afghanistan va-t-il devenir votre Irak ?


L'Otan
Alors qu'au départ, elle était censée protéger l'Europe d'une [imaginaire] invasion soviétique, elle est devenue une armée d'occupation en Afghanistan. Mettez un terme à cet anachronisme historique que le dirigeant russe Poutine a surnommé « le cadavre puant de la guerre froide » (9). Vous pouvez réaliser cela en quittant cette organisation. Sans les États-Unis, leurs interminables actions militaires et leurs ennemis officiellement désignés, l'organisation n'aurait même pas le prétexte d'un but, et c'est en fait tout ce qu'elle a laissé. Ses membres doivent être brimés, menacés et soudoyés pour envoyer des forces militaires en Afghanistan.

La torture
Vos ordres exécutifs concernant ce problème d'une extrême importance ont l'air noble à première vue, mais ils laissent toujours à désirer. Ils disent que les nouveaux standards mettant manifestement un terme à la torture s'appliquent à tout « conflit armé ». Mais que dire si votre administration choisit de considérer le futur contre-terrorisme et d'autres opérations comme ne faisant pas partie des « conflits armés » ? Et il n'est aucunement fait mention d'« interprétation » - kidnapper un homme dans la rue, le jeter dans une voiture, lui jeter un chapeau sur la tête, lui ôter tous ses vêtements, l'exhiber dans des langes, l'enchaîner sous tous les angles et l'envoyer par avion dans un centre de torture à l'étranger. Pourquoi ne pouvez-vous pas dire tout simplement que tout cela ainsi que tout recours par les États-Unis à des tortionnaires par procuration est banni et pour toujours ?
Il ne suffit pas de dire que vous êtes opposé à la torture ou que les États-Unis « ne pratiquent pas la torture » ou « ne tortureront pas ». George W. Bush a affirmé régulièrement la même chose. Pour montrer que vous n'êtes pas George W. Bush, il vous faut enquêter sur les responsables du recours à la torture, même si cela signifie qu'il va vous falloir poursuivre une petite armée de criminels de guerre faisant partie de l'administration Bush.
Vous n'avez pas pris un bon départ en désignant l'ancien fonctionnaire de la CIA John O. Brennan comme votre principal conseiller sur le plan du contre-terrorisme. Brennan a dit de l'« interprétation » qu'il s'agissait d'un « outil primordial » et il a encensé les techniques d'interrogatoire de la CIA parce qu'elles fournissaient des renseignements « qui nous sauvaient la vie » (10). Alors, qu'est-ce que vous en pensez, Barack ? Abdelbaset Ali Mohmed al Megrahi
Libérez ce Libyen de sa prison écossaise, où il purge une peine à vie après avoir été accusé à tort par les États-Unis d'avoir fait sauter le vol 103 de la PanAm, en décembre 1988, attentat qui avait tué 270 personnes [au-dessus de Lockerbie], en Ecosse. En fait, c'était l'Iran qui était derrière cet attentat – par représailles, parce que les États-Unis avaient abattu un avion iranien transportant des passagers en juillet, tuant ainsi 290 personnes – et non la Libye, que les États-Unis avaient accusé pour des raisons politiques (11). Aucune nation ne peut se comporter de façon plus cynique que cela. Aujourd'hui, Megrahi est en train de mourir d'un cancer en prison, mais ni les États-Unis ni la Grande-Bretagne ne veulent le libérer. Ce serait trop embarrassant d'avouer 20 années de mensonges éhontés.

Monsieur le Président, il y a encore bien d'autres choses à nettoyer, dans notre politique étrangère, si vous voulez être pris au sérieux en tant que chef moral, comme Martin Luther King, Jr. : bannir l'utilisation de l'uranium appauvri, celle des bombes à fragmentation ou à sous-munitions et autres armes horribles, rallier le Tribunal pénal international, au lieu de tenter de le saboter, présenter un tas d'excuses, dont certaines nécessaires depuis très longtemps, en sus des excuses susmentionnées dues au Vietnam, et bien plus encore. Voilà de la besogne prémâchée pour vous si vous désirez vraiment apporter un peu de bonheur à ce triste vieux monde, rendre l'Amérique crédible et la faire aimer à nouveau, cesser de créer des armées de terroristes antiaméricains et convaincre des gens comme moi.
Autre chose. Est-ce que vous comprenez que vous pouvez éliminer tous les déficits des États et les déficits fédéraux, assurer des soins de santé gratuits et un enseignement universitaire gratuit pour chaque Américain, payer une interminable flopée de programmes sociaux et culturels valables, uniquement en mettant un terme à vos guerres en Irak et en Afghanistan, en n'en entamant pas de nouvelles et en fermant pour de bon les 700 et quelques bases militaires du Pentagone ? Pensez-y puisqu'il s'agit du dividende de paix qu'on avait promis aux Américains lorsque la guerre froide se terminerait un jour ou l'autre, mais qu'ils n'ont jamais reçu. Que diriez-vous de le donner enfin, Monsieur le Président ? Il n'est pas trop tard.

Mais vous êtes voué à l'Empire. Et l'Empire est voué à la guerre. Ca sent vraiment trop mauvais, tout ça !
Notes
1. Washington Post, 24.1.09, http://killinghope.org/bblum6/aer66.html#link-1
2. Interview, al Arabiya TV, 27.1.09, http://killinghope.org/bblum6/aer66.html#link-2>
3.
Gorbachev prenant la parole en Floride, South Florida Sun-Sentinel, 17.4.08, http://killinghope.org/bblum6/aer66.html#link-3
4. http://www.killinghope.org/bblum6/polpris.htm http://killinghope.org/bblum6/aer66.html#link-4
5.
Washington Post, 5.5.07, p.1, http://killinghope.org/bblum6/aer66.html#link-5
6. New York Times, 11.1.09, http://killinghope.org/bblum6/aer66.html#link-6
7. Washington Post, 19.1.09, http://killinghope.org/bblum6/aer66.html#link-7
8. Newsweek, 27.5.02, http://killinghope.org/bblum6/aer66.html#link-8
9. Press Trust of India (agenc d'information), 21.12.07,
http://killinghope.org/bblum6/aer66.html#link-9
10.
Washington Post, 26.11.08, http://killinghope.org/bblum6/aer66.html#link-10
11. http://www.killinghope.org/bblum6/panam.htm http://killinghope.org/bblum6/aer66.html#link-11
Source : www.killinghope.org
Traduit par Jean-Marie Flémal pour Investig'Action

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=12335

http://www.michelcollon.info/articles.php?dateaccess=2009-02-14%2018:58:29&log=invites

www.Mondialisation.ca


3-3 Les Etats-uniens cherchent les moyens d'éviter l'enlisement en Afghanistan.

Barack Obama a promis d'envoyer plus de soldats dans ce pays.

Le gouvernement des USA est en train de revoir l'ensemble de son intervention en Afghanistan..

On connaît le refrain entonné depuis des années par Barack Obama et tant d'autres adversaires de la guerre en Irak: celle-ci aura été une «distraction» dans la guerre contre le 'terrorisme et al-Qaïda' qui doit être livrée en Afghanistan.
S'il veut remplir à la lettre toutes ses promesses électorales, le nouveau président des États-Unis devra donc réduire progressivement le nombre de soldats dans le premier pays, mais aussi augmenter le contingent américain dans le second.
Or la question commence à se poser chez nos voisins du Sud: ne risque-t-on pas de s'extraire d'un bourbier pour tomber dans un autre?

Des élus, surtout démocrates, ont commencé à exprimer des réserves à l'idée d'envoyer des renforts en Afghanistan, alors qu'à peine un tiers des Américains y sont favorables, si on en croit un sondage BBC-Harris réalisé à la fin de janvier.

Ajoutons à cela que l'économie est en lambeaux...
Barack Obama, pourtant si prompt à agir dans le dossier de Guantánamo et sur la scène économique, n'a encore signé aucun décret pour l'envoi de renforts en Afghanistan, un sujet qu'il a rarement abordé depuis son élection. Lundi, en conférence de presse, il s'est borné à dire qu'il ne tolérera pas qu'al-Qaïda et son chef Oussama ben Laden se servent de ce pays pour préparer des attentats contre les États-Unis et leurs alliés, et il a refusé de dire combien de temps allait y durer l'engagement militaire des États-Unis.
Au total, il est question de faire passer de 33 000 à 60 000 environ le nombre de soldats américains en Afghanistan, soit presque un doublement des effectifs.

Un premier ajout de 12 000 à 14 000 militaires devrait être annoncé d'ici le prochain sommet de l'OTAN, en avril. Probablement en même temps que les résultats du réexamen en profondeur de la politique afghane des États-Unis, actuellement en cours.
Le sujet intéresse évidemment le Canada, qui maintient un contingent de plus de 2000 soldats dans la province rebelle de Kandahar. Il est à peu près certain qu'il sera discuté pendant la visite du président américain à Ottawa dans quelques jours.
On peut comprendre que Barack Obama hésite à envoyer des soldats contre la volonté d'une majorité de ses concitoyens, dans un pays où ils ne sont même pas les bienvenus.

Des sondages menés récemment en Afghanistan indiquent en effet que le soutien aux troupes étrangères s'effrite, en même temps que l'appui au président Hamid Karzaï et à son gouvernement.
Le souvenir du bourbier vietnamien remonte d'autant plus facilement à la surface que certains responsables militaires l'ont évoqué publiquement. Sans nécessairement aller aussi loin, à peu près tous les hauts gradés et stratèges qui s'expriment sur le sujet insistent sur l'infinie complexité de l'Afghanistan.
La situation y a encore empiré au cours de 2008, avec la mort officielle de 155 soldats américains, ce qui en fait la pire année depuis le début de cette guerre en 2001.

Certains mois, ils ont été plus nombreux à tomber en Afghanistan qu'en Irak.

Au moins 2100 civils afghans ont par ailleurs été tués par les occupants en 2008, selon les Nations unies, ce qui représente aussi une forte hausse par rapport aux années précédentes.
«Tous les officiels et observateurs reconnaissent que la situation est difficile et que la seule façon de réaliser quelque chose dans ce pays est d'y rester encore pour une bonne dizaine d'années avec des objectifs plus réalistes.

La démocratie à la Westminster n'est pas pour demain, estime Jocelyn Coulon, professeur à l'Université de Montréal et directeur du Réseau francophone d'étude sur les opérations de paix.
«Par exemple, la sécurité est la condition sine qua non de la stabilité et du développement, donc l'accent doit être mis sur la formation et l'expansion des forces armées et de la police; il faut assurer la sécurité de la population, consolider les pouvoirs locaux et tenter de construire un État de droit, ce qui prendra des décennies. Enfin, les États de la région doivent être impliqués dans le règlement du conflit entre Kaboul et les talibans», ajoute M. Coulon, qui refuse toutefois de qualifier l'Afghanistan de bourbier.
Quand ils ont à le faire, les responsables américains abordent la question afghane avec d'infinies précautions, mais deux thèmes ressortent de plus en plus clairement de leurs propos.

Premièrement, la mission sera recentrée autour d'objectifs limités et réalisables à court ou à moyen terme.
Qu'est-ce qui sera sacrifié?

Personne n'ose le dire, mais il devient évident que les États-Unis visent avant tout la «stabilité» de l'Afghanistan, ce qui veut dire que sa démocratisation et l'amélioration des conditions de vie de ses habitants deviennent des éléments d'une «vision» à long terme plutôt que des «objectifs» à proprement parler.
Aussi bien le document «secret» des chefs d'état-major coulé à certains médias américains il y a une dizaine de jours que le rapport «déclassifié» présenté aux sénateurs à la même époque vont dans ce sens. Le week-end dernier, à la conférence de Munich sur la sécurité, le secrétaire à la Défense Robert Gates, qui a évidemment pris connaissance de ces documents, a parlé lui aussi d'objectifs «limités et réalisables».
Cela ne veut pas dire qu'on a mis une croix sur tous les aspects de la reconstruction de l'Afghanistan. Ainsi, le grand patron des forces armées américaines, le général Mike Mullen, affirmait lors de sa récente visite à Ottawa que c'est avec un État viable, qui inspire confiance aux Afghans, que la violence va diminuer. «On a besoin d'augmenter nos forces militaires, mais aussi civiles. Il faut aider à reconstruire l'État, la gouvernance, autant au niveau local qu'à l'échelle régionale et nationale. Il y a un manque de ressources actuellement», a-t-il affirmé.
«Freiner la corruption est le défi le plus important de l'Afghanistan», a ajouté le général Mullen.
À la conférence de Munich, le conseiller à la sécurité nationale d'Obama, James Jones, affirmait lui aussi que la nouvelle politique mettrait davantage l'accent sur la bonne gouvernance, la réforme judiciaire, la construction des forces de police et la lutte contre les stupéfiants, lesquels constituent, avec l'insurrection, le grand problème en Afghanistan.
L'autre grand changement à prévoir dans la politique américaine en Afghanistan, c'est que ce pays sera davantage considéré dans son contexte régional, et particulièrement dans ses rapports avec le Pakistan voisin.
Le fait qu'Obama ait fait de Richard Holbrooke son émissaire dans les deux pays illustre à quel point Washington considère que les enjeux afghan et pakistanais sont imbriqués.
Concrètement, cela veut dire que les efforts pour combattre les résistants (talibans ou d'al-Qaïda) dans les zones tribales de l'ouest du Pakistan continueront et probablement s'intensifieront.

Cela pose le problème des relations entre les États-Unis et ce dernier pays, où ils n'exercent plus la même influence qu'au temps de la guerre froide.
On est bien loin aujourd'hui des grands projets que la communauté internationale, réunie à Bonn, caressait pour l'Afghanistan à l'automne 2001, avant même la chute du régime des talibans.
Comparée à l'aventure irakienne, l'intervention internationale en Afghanistan demeure la guerre «juste», parce qu'elle a été avalisée par le Conseil de sécurité de l'ONU et justifiée par un casus belli, les attentats du 11-Septembre.
Toutefois, de l'avis de presque tous les «afghanologues», l'Occident n'a pas su profiter de la faiblesse des 'talibans lors du déclenchement de la guerre , et qui ont finalement réussi à reconstituer et augmenter leurs forces.

Une «fenêtre d'opportunité» s'est refermée, à jamais pour les observateurs les plus pessimistes.
http://www.ledevoir.com/2009/02/14/233653.html
15-02


3-4 Amel Blidi : Prisons secrètes de la CIA = La CIA dans la spirale des scandales.
De nouvelles révélations ternis encore plus l'image de la Centrale de renseignement 'Intelligence Agency' (CIA).
Des organisations américaines ont publié, la semaine dernière, des documents étayant l'implication du Pentagone dans les excès de la guerre contre le terrorisme de George W. Bush et alimentant le débat sur la recherche de responsabilités pénales.
Après plus de quatre années d'efforts juridiques, le Centre pour les droits constitutionnels, Amnesty International (section US) et le Centre pour les droits de l'Homme de la New York University ont obtenu des centaines de pages de documents officiels, grâce à la loi américaine sur la liberté d'information (FOIA).

Ces révélations mettent la nouvelle Administration américaine dans l'embarras.

Barack Obama n'a cessé de répéter à la presse que « son orientation générale est de tourner la page », mais qu'il n'a pas exclu des poursuites judiciaires en cas de crimes avérés. Le fait est que les documents découverts par les ONG américaines confirment l'existence de prisons secrètes de la CIA en Irak et à Bagram, en Afghanistan. Ils divulguent, également, les liens du Pentagone avec la CIA dans le « programme secret de détention, de transfert et de torture », dont l'ancien Président américain George W. Bush a lui-même reconnu l'existence en 2006. Les exemples de transgression du droit international sont légion.
Le Pentagone, révèle-t-on, n'enregistrait les prisonniers pour qu'un tribunal militaire décide si leur détention était légitime que quatorze jours seulement après leur arrestation, les laissant dans un vide juridique pendant ce laps de temps.

Par ailleurs, selon un courriel interne daté du 17 février 2006, un transfert de détenus de Guantanamo a été reporté de 45 jours « jusqu'à ce que les choses se calment, sinon les détenus pourraient bien être accueillis en héros à leur arrivée ».
De son côté, l'Aclu, organisation de défense des libertés civiles, a obtenu, par le même biais de la FOIA, des documents attestant de l'existence d'enquêtes du département de la Défense sur les tortures, mauvais traitements et parfois mort de détenus lors des interrogatoires à Bagram et dans plusieurs prisons d'Irak. Le comportement du personnel militaire était « clairement excessif et non conforme aux règles d'interrogatoire en vigueur », assure le département de la Défense dans un rapport. Ces révélations, qui s'ajoutent à de nombreuses preuves déjà connues, interviennent alors qu'un sondage publié jeudi dans USA Today démontre que deux tiers des Américains sont favorables à l'ouverture d'une enquête criminelle ou menée par une commission indépendante. Il s'agirait de déterminer les responsabilités au sein de l'Administration Bush dans la pratique de la torture, les écoutes téléphoniques sans mandat de la justice après le 11 Septembre et sur l'utilisation du ministère de la Justice à des fins politiques.
Amel Blidi

http://www.elwatan.com/La-CIA-dans-la-spirale-des 


3-5 Afghanistan: des milliers d'armes américaines dans la nature.
Le laxisme des contrôles en Afghanistan risque d'aboutir à ce que des dizaines de milliers d'armes américaines, y compris des fusils d'assaut ou des lance-grenades, se retrouvent aux mains des talibans, selon un rapport présenté jeudi à la Chambre des représentants.
Le Pentagone n'est pas parvenu à inventorier quelque 87.000 armes fournies par les Etats-Unis aux forces gouvernementales afghanes, soit un tiers des 242.000 armes livrées entre décembre 2004 et juin 2008, relève un rapport de la Cour des comptes américaine (Government Accountability Office, GAO).

Quelque 135.000 autres armes données par les forces alliées de l'Otan n'ont pas non plus été retrouvées, ajoute le GAO.

Selon ce rapport, les militaires américains n'ont pas pris la peine de noter les numéros de série des armes ni de faire l'inventaire de celles envoyées en Afghanistan. Résultat: ces armes risquent de se retrouver entre les mains des talibans qui attaquent les troupes de l'Otan.

"Avec l'insécurité qui règne en Afghanistan, le risque de pertes et de vols de ces armes est considérable," souligne le rapport présenté à la Chambre des représentants.

 Les inspecteurs du GAO se sont rendus en Afghanistan en août 2008 et ont constaté qu'il était très difficile pour les militaires américains de procéder à des contrôles de base.

 Ces lacunes "sont d'abord dues à une absence d'indications claires de la part (du département) de la Défense et à une pénurie de personnel", explique le rapport de 46 pages.

 C'est pourquoi le GAO recommande au secrétaire à la Défense Robert Gates d'instaurer des règles précises pour que les numéros de série soient enregistrés, les armes régulièrement inventoriées et pour vérifier que les forces afghanes ont bien les moyens de protéger leur arsenal.

 Le Pentagone a déjà pris des mesures pour se conformer aux recommandations du rapport, a assuré un porte-parole du Pentagone, Bryan Whitman. 

Interrogé à la Chambre sur la possibilité que des armes américaines soient déjà aux mains des talibans, le directeur des affaires internationales du GAO Charles Johnson a indiqué que l'armée avait rédigé un rapport sur "les vols d'armes et les armes potentiellement vendues aux ennemis".

En résumé, des militaires américains risquent d'être tués par leurs propres armes, a déploré le président démocrate du sous-comité, John Tierney. 

"Je n'aimerais pas avoir à expliquer à des parents en deuil que leur fils ou leur fille a été tué par un insurgé afghan qui utilisait des armes payées par les contribuables américains", a-t-il ajouté.

 Outre les mitrailleuses, les fusils M-16, les lance-grenades et les mortiers, le GAO relève que la trace de plusieurs des 2.410 lunettes à vision nocturne fournies à l'armée afghane a été perdue et que le Pentagone a mis 15 mois avant de commencer, en octobre dernier, à répertorier les équipements de haute technologie qui n'étaient plus utilisés. Ces équipements donnent un sérieux avantage stratégique lors des combats nocturnes, note le GAO.

Et la situation est à peu près similaire en Irak, précise le rapport: en août 2007, les inspecteurs du GAO avaient découvert que le Pentagone ne pouvait pas localiser près de 200.000 armes fournies aux forces de sécurité.

AFP /

 12 février 2009


T.Hocine : La guerre en Afghanistan.

Ndlr :La publication de l'article ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue auteur mais doit être vu comme information

Une solution négociée sérieusement envisagée

La guerre en Afghanistan est certainement au tournant le plus important depuis son déclenchement, en novembre 2001, avec l'arrivée des troupes américaines qui vont prendre la tête d'une coalition internationale.

Il est, en effet, de plus en plus question de négociations, une solution envisagée dès l'automne dernier, soit avant même l'élection présidentielle américaine, ou encore, avant même que les Etats-Unis, militaires en tête, se proposent d'y envoyer d'importants renforts et d'en faire même l'action prioritaire, à la suite, bien entendu, d'un désengagement en Irak.

On sait de quelle manière le président Karzaï, avait entamé cette approche en tâtant le terrain par des rencontres préliminaires avec les talibans en Arabie saoudite, et cette fois, c'est le président américain, Barack Obama, qui se dit « convaincu » qu'il ne peut y avoir de solution exclusivement militaire au conflit dans ce pays.

Et cela après avoir annoncé l'envoi de deux brigades supplémentaires et de forces de soutien logistique pour un total d'environ 17 000 hommes, en Afghanistan, d'ici à l'été 2009, selon un responsable de la défense. « Je suis absolument convaincu que vous ne pouvez pas régler le problème de l'Afghanistan, des talibans, de la propagation de l'extrémisme dans cette région seulement par des moyens militaires », a déclaré, à la chaîne CBC le président Obama, qui se rend aujourd'hui au Canada pour son premier voyage à l'étranger. « Nous devrons user de diplomatie et utiliser l'aide au développement », a-t-il ajouté, parlant à cet égard de « stratégie d'ensemble ». M. Obama, qui a fait du conflit afghan une de ses priorités, a promis une nouvelle approche dans la lutte contre l'insurrection des talibans, alliant renforts militaires, diplomatie et aide au développement.

Il a indiqué à la chaîne CBC, qu'il comptait présenter « très prochainement » une « stratégie d'ensemble ». « La préoccupation est grande concernant ce conflit qui dure depuis déjà assez longtemps et qui semble en ce moment s'envenimer », a-t-il ajouté, estimant toutefois que « l'Afghanistan est encore gagnable ». « Il est encore possible pour nous de venir à bout d'Al Qaïda afin de nous assurer que l'extrémisme ne s'étendra pas, mais plutôt se contractera », a poursuivi M. Obama.

Selon lui, une des raisons qui expliquent l'absence de résultats en Afghanistan, est que la guerre en Irak a, en partie, détourné l'attention de Washington. « Nous avons arrêté de suivre le ballon des yeux. Nous n'avons pas été aussi concentrés que nous aurions dû (l'être) », a-t-il dit. Il a cependant reconnu qu'un retour à la paix dans ce pays sera difficile tant que le trafic de drogue financera les talibans, que l'Afghanistan donnera l'impression d'être un pays sans lois et que le « problème » de la frontière pakistano-afghane ne sera pas résolu. « Je vais demander à d'autres pays de nous aider à bien réfléchir à la manière d'aborder ce problème très difficile », a-t-il ajouté.

Parce qu'elles n'arrivent pas à stopper les opérations des talibans, et qu'elles sont elles-mêmes menacées, les autorités afghanes ont salué la décision du président Obama d'envoyer des renforts, tout en insistant pour qu'ils soient déployés le long de la frontière avec le Pakistan, pour empêcher des infiltrations d''insurgés'.

Pour sa part, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Sultan Ahmad Baheen, a estimé que l'arrivée des nouvelles troupes permettrait d'assurer la sécurité de l'élection présidentielle, qui doit se tenir le 20 août. « Le gouvernement afghan salue cette décision d'une importance toute particulière en raison des élections.», a-t-il jugé.

Les attaques des Résistants ont redoublé d'intensité depuis deux ans, malgré la présence de près de 70 000 soldats étrangers, dont 38 000 Américains.

Le commandant en chef des forces internationales en Afghanistan, le général Us McKiernan, a demandé l'envoi de 30 000 soldats américains supplémentaires.

Mais est-ce suffisant pour faire basculer le sort de cette guerre que les Américains ne sont pas sûrs de remporter ?

Il reste maintenant, dans le cas où il y aurait effectivement négociation, de savoir avec qui.

T. Hocine.

elwatan

http://us.rd.yahoo.com/dailynews/rss/search/AFGHANISTAN/SIG=11t8b89n6/*http%3A//www.elwatan.com/Une-solution-negociee-serieusement



4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

Ndlr :La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

4-1 Des groupes de médecins demandent qu'on élimine les échappatoires sur la pratique de la torture.

Tout en applaudissant les récents décrets du président Obama interdisant la torture et certaines autres pratiques d'interrogation, des groupes de médecins aux États-Unis attirent l'attention sur une section peu connue du Field Manual on Interrogation (manuel de service sur l'interrogation) de l'armée qui, disent-ils, continue de permettre l'utilisation de tactiques pouvant être interprétées comme de la torture ou un traitement cruel, inhumain et dégradant par le droit américain et le droit international.

Il s'agit de l'« Annexe M » du manuel, qui autorise la privation du sommeil, la privation sensorielle et l'isolement, appelé « séparation ». Selon les décrets du président Obama, toutes les agences de l'État, y compris la CIA, doivent suivre ce qui est écrit dans le manuel pour ce qui est des techniques d'interrogation.

Mais le groupe Physicians for Human Rights (PHR), organisation à but non lucratif et prix Nobel, demande que le groupe de travail nommé par le président pour revoir les politiques d'interrogation et de transfert d'abolir l'annexe et de consulter les organisations de défense des droits humains.

John Bradshaw, directeur du groupe à Washington, a dit à l'agence IPS : « La technique de séparation permise par l'Annexe M semble innocente mais en réalité elle autorise la privation du sommeil, la privation sensorielle et l'isolement. »

« Ces techniques constituent de la torture psychologique, dit-il, surtout lorsqu'elles sont utilisées en même temps. » L'administration Obama doit éliminer cet échappatoire qui laisse la porte ouverte à la torture.

Le groupe de médecins demande également au président Obama et au Congrès d'« autoriser immédiatement une commission non partisane à enquêter sur l'autorisation, la justification légale et l'application de la torture psychologique et physique sous le régime de l'administration Bush ».

Tout mécanisme de contrôle doit comprendre la participation d'un groupe chargé d'enquêter la participation de professionnels de la santé dans le mauvais traitement de détenus, dit-il.

Le PHR demande à Obama de mettre fin à l'utilisation de conseillers en sciences du comportement dans les interrogations. L'utilisation de ces conseillers constitue une violation de l'éthique médicale et est en rupture de tradition pour les professionnels de la santé, dit Frank Donaghue, directeur du PHR.

L'utilisation de professionnels de la santé pour infliger un mauvais traitement aux détenus constitue en soi un crime de guerre, dit-il. Il ajoute : « En dépit de tout ce qui a été révélé jusqu'à présent au sujets des mauvais traitements infligés par des professionnels de la santé, beaucoup de questions restent sans réponse, et en premier lieu la question à savoir si les personnes responsables d'infractions à l'éthique médicale et à la loi seront appelées à rendre des comptes. »

Le désir de tourner la page sur sept années de mauvais traitement et de torture de détenus par les forces armées américaines est compréhensible, poursuit M. Donaghue.

Mais « le président Obama, le Congrès et les professions de la santé ne se seront pas acquittés de leurs obligations envers la constitution et l'éthique médicale si nous nous contentons de réforme sans imputabilité. »

D'autres professionnels de la santé prennent une position semblable. Le psychologue Jeffrey Kaye fait remarquer entre autres qu'après le scandale d'Abu Ghraib, le gouvernement américain voulait cacher ou interdire tout traitement risquant de faire scandale dans la presse, comme les révélations au sujet du waterboarding (simulation de noyade). Pour ce faire, il a déformé les Conventions de Genève pour faire croire que le programme d'interrogatoire par la force était utilisable en citant l'annexe M du manuel.

Il ajoute : « Ce programme compte sur la production d'une régression psychologique en utilisant en même temps l'isolement cellulaire, la fatigue, la privation du sommeil, la privation sensorielle et le sentiment de crainte pour créer un état de dépendance par rapport à l'interrogateur. Ces techniques qu'autorise le manuel, et appliquées avec l'aide de médecins et de spécialistes du comportement, comme les psychologues, sont tout à fait à l'antithèse de la loi actuelle et constituent de la torture et/ou un traitement cruel, inhumain des prisonniers. »

En fait, explique-t-il, l'isolement est l'essence du mauvais traitement fait aux détenus de l'armée américaine, ajoutant que l'isolement peut provoquer une détérioration grave de l'état mental de la personne.

« Cette détérioration peut se produire en quelques jours, bien avant la période de 30 jours autorisée par l'annexe M du manuel. Et d'ailleurs, la période de 30 jours peut être prolongée plusieurs fois, moyennant une autorisation. »

Durant l'administration Bush, plusieurs organisations médicales bien en vue ont demandé au président de mettre un terme à la participation de professionnels de la santé à l'interrogation des détenus. L'American Medical Association a adopté une résolution à cet effet qui condamne « la participation de médecins à la torture ou au traitement inhumain d'individus en rapport avec la détention et l'emprisonnement ».

Il n'en demeure pas moins qu'il y a amplement de preuve démontrant que des membres du personnel médical de l'armée ont participé à la torture et au mauvais traitement de prisonniers. Les rapports indiquent, par exemple, que les Behavioral Science Consultation Teams (équipes de conseillers en science du comportement) comprenaient des professionnels qui étaient au courant des abus et qui ne les ont pas rapportés. Certains ont participé directement à la mise au point de plans d'interrogation abusive et des médecins et psychiatres auraient facilité les mauvais traitements en donnant aux interrogateurs des informations concernant la santé mentale et les vulnérabilités des détenus.

(Source : Inter Press Services)

http://www.cpcml.ca/francais/Lmlq2009/Q39031.htm


4-2 Obama met (presque) fin à la torture.

Fermeture de Guantanamo, interdiction pour la CIA de recourir à la violence dans ses interrogatoires...

Les premiers décrets du nouveau président sont louables mais pas dénués d'ambiguïté.

Avec les décrets pris le jeudi 22 janvier, le président Barack Obama s'est attelé à réhabiliter la réputation des États-Unis en matière de traitement des prisonniers. présumés.

Néanmoins, ces décrets sont entachés d'ambiguïté, preuve de la difficulté qu'il y aura à démêler l'imbroglio créé par George W. Bush.

Les efforts d'Obama pour clore le chapitre de l'ère Bush et de son mépris du droit ont pour pièce maîtresse un décret ordonnant la fermeture, dans un délai d'un an, du centre de détention tristement célèbre de Guantanamo Bay, sur l'île de Cuba. Dans le même décret, le nouveau président met en place une procédure d'examen du statut des détenus toujours emprisonnés à Guantanamo, pour déterminer s'ils doivent être transférés vers d'autres pays ou jugés et identifier ceux qui représenteraient une menace trop grave pour être traduits en justice ou rapatriés.

Le deuxième décret pris par Obama impose à la CIA de respecter les mêmes règles d'interrogatoire que l'armée américaine. Il rend par ailleurs illégaux les centres de détention de l'agence de renseignements telles ces prisons secrètes, à l'étranger, fermées à la Croix-Rouge, où étaient détenus et soumis à des interrogatoires « renforcés » les suspects de terrorisme. Le troisième décret donne ordre aux ministres de la Justice et de la Défense et à d'autres hauts responsables d'examiner le cas d'Ali Saleh Kahlah Al-Marri, le seul « ennemi combattant illégal » détenu aux États-Unis.

Ces trois décisions constituent certes des améliorations des mesures prises par Bush, mais elles présentent d'inutiles ambiguïtés. Par exemple, le décret de fermeture de Guantanamo marque la préférence de Barack Obama pour le jugement des détenus par des tribunaux civils ou des cours martiales soumises au code unifié de justice militaire. Mais il n'exclut pas pour autant le recours au système actuel, déplorable, des commissions militaires (avec l'introduction probable de nouvelles procédures).

Même ambivalence dans le décret portant sur les interrogatoires. Il exige, à juste titre, des agents de la CIA menant les interrogatoires qu'ils respectent le manuel pratique de l'armée qui interdit le recours à la force physique, le waterboarding (simulation de noyade), le placement prolongé à l'isolement, le cagoulage des prisonniers et l'utilisation de chiens pour les intimider. Cependant, le décret semble aussi laisser la possibilité au gouvernement de changer d'avis. Il porte ainsi création d'un groupe spécial en charge d'examiner les directives du manuel de l'armée pour « déterminer si des orientations distinctes ou additionnelles sont nécessaires pour la CIA » — or il n'y en a nul besoin.

À la décharge de Barack Obama, certains enjeux exigent bien un examen approfondi. C'est le cas du traitement des détenus « de grande valeur » qui, même s'ils sont acquittés du chef d'accusation de crimes de guerre, n'en constitueront pas moins une menace en cas de remise en liberté ou de rapatriement dans leurs pays d'origine. Le décret présidentiel assure que les autorités examineront les « options conformes au droit » pour décider de leur sort. Une tâche que complique le fait que les interrogateurs ont utilisé le waterboarding contre Khaled Cheikh Mohammed, l'un des cerveaux des attentats du 11 septembre 2001.

Il faut mettre au crédit du président américain sa détermination à mettre un terme aux pires excès commis par le gouvernement Bush dans sa « guerre contre le terrorisme ». Mais, ce faisant, il doit veiller à ne pas introduire d'ambivalences dans des décisions qui se doivent d'être claires comme de l'eau de roche.

http://www.cpcml.ca/francais/Lmlq2009/Q39031.htm 


4-3  60 ans de l'OTAN, c'est assez.
Samedi 21 MARS 2009, nous fermons l'OTAN!
Au Quartier Général de l'OTAN à Bruxelles
60 ans de l'OTAN, c'est assez
Le quartier général de l'OTAN se trouve en Belgique. La décision de notre gouvernement de faire de l'OTAN un allié fidèle, a été prise.
Pour cette raison, et en réponse au nouveau sommet de l'OTAN à Strasbourg et à son soixantième anniversaire, nous sommes déterminés à fermer le quartier général de l'OTAN à Bruxelles.
Le NATO GAME OVER en Belgique est un appel au gouvernement belge à plaider, lors du sommet de l'OTAN à Strasbourg, contre le bouclier anti-missile et pour la fermeture des bases militaires américaines en Europe. Nous exigeons le désengagement des troupes de l'OTAN en Afghanistan et le retrait immédiat des armes nucléaires de notre pays.
NATO GAME OVER est une action de désobéissance civile. Nous entrons de manière non-violente dans le quartier général de l'OTAN et scellons les portes, les fenêtres et les entrées principales. Nous commettrons donc une infraction à la loi et ce, en vue d'empêcher un plus grand crime. Nous sommes ainsi soutenus par le droit international.
Tu préfères ne pas rentrer dans l'OTAN?

Nous t'invitons alors à rejoindre la marche de protestation qui aura lieu autour du quartier général de l'OTAN.
Nous t'attendons le samedi 21 mars 2009 à 10h30 à "De Kriekelaar", au 86 rue Gallait à Schaerbeek. Un briefing et le scénario de l'action y sera donné.
Plus d'infos: www.vredesactie.be 
Bruxelles: benoit@vredesactie.be, 0484 05 20 28
Liège: alice.minette@fgtb.be, 04 221 95 86
Louvain-La-Neuve: gfhd28@gmail.com, Jean-Pierre: 010/45.58.90

 



6 Annexe

6-1 L'Alliance atlantique à la recherche de nouvelles missions.

Les Etats-Unis sont-ils une menace pour l'Europe ?

Extrait

Les rapports et ouvrages sur le lien transatlantique et la relation avec les Etats-Unis se multiplient. Dans son livre, M. Edouard Balladur (1) prône un nouvel équilibre et même une union entre l'Europe et les Etats-Unis pour gérer la sécurité du monde. Hardi, l'ancien premier ministre assimile Occident et démocratie.

De leur côté, cinq anciens officiers généraux ayant assumé des fonctions à l'OTAN proposent de revitaliser l'alliance en créant une direction commune Etats-Unis - OTAN - Union européenne.

Leur rapport (2) décalque, non sans scrupules, des concepts de la pensée militaire américaine, tels que l'emploi du nucléaire préemptif (3)… Une importante « boîte à idées » installée à Bruxelles, Security and Defense Agenda (SDA), envisage pour sa part de « revisiter » la relation transatlantique (4).

Tous ces écrits présentent trois points communs : ils analysent le monde extérieur à l'OTAN comme une menace (du moins lorsqu'ils l'évoquent) (5) ; ils naturalisent l'idée d'un Occident uni par des valeurs communes face à une mondialisation perçue comme chaotique ; enfin, ces textes, constatant l'impuissance des armées occidentales à la lumière des interventions en Afghanistan et en Irak, réclament un élargissement des missions de l'OTAN.

Seul l'ancien ministre français des affaires étrangères Hubert Védrine prend des distances avec la bonne conscience qui traverse les autres ouvrages (6).

Un sujet, cependant, n'est pas débattu.

Il semble tabou.

Les Etats-Unis pourraient-ils constituer un risque grave pour la sécurité internationale dans les vingt prochaines années ?

Loin d'être illégitime, l'interrogation dépasse l'équipe actuellement au pouvoir à Washington, responsable d'une des pires catastrophes géopolitiques des quinze dernières années – l'invasion de l'Irak. Elle devrait au moins susciter un débat parmi les Européens.

Le terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive constituent des risques bien réels. Mais en rangeant, par accord tacite, les Etats-Unis au nombre des solutions, on exclut d'emblée une source éventuelle de menace pour la sécurité internationale. La réflexion sur une diplomatie propre à l'Europe s'en trouve amputée. Si le risque de l'unilatéralisme américain ne pèse pas directement sur la France, faut-il pour autant l'ignorer ?

La planète connaît une phase de transition.

A un système d'unilatéralisme militarisé dominé par une unique hyper-puissance succède progressivement un multilatéralisme marqué par l'émergence de nouvelles puissances (Chine et Inde, Union européenne), par l'existence d'autres Etats dotés de l'arme nucléaire (Israël, Pakistan, Corée du Nord ; Iran demain) et par la nécessité de gérer la raréfaction du pétrole et des matières premières. Au-delà des menaces les plus évidentes (prolifération et terrorisme), certains scénarios de guerre probables se dessinent autour des actions militaires unilatérales (comme celle des Etats-Unis en Irak) et des conflits pour le contrôle des ressources rares.

 Or, dans ces deux cas, Washington pourrait jouer un rôle déstabilisateur en décidant seul.

Mis en place en 1991, l'unilatéralisme américain possède des caractéristiques uniques, qui se sont soudainement amplifiées avec le traumatisme des attentats du 11-Septembre. Le pouvoir de Washington dépasse les limites habituellement associées à la souveraineté classique et s'étend à l'ensemble de la planète. Cet unilatéralisme est celui d'une puissance inégalée à l'échelle du globe, qui justifie son identité par un « particularisme sacralisé » ou un « messianisme démocratique radical ».

Cela signifie d'abord le pouvoir de refuser les règles de sécurité communes.

Dès la présidence de M. William Clinton, les autorités américaines sont allées assez loin en la matière : retrait du traité relatif aux missiles antibalistiques (Anti-Ballistic Missile, ABM), interdisant les missiles antimissiles, pour lancer le programme de défense antimissile ; application très « souple » de la convention interdisant les armes biologiques de 1972 (comme l'a montré, en septembre 2001, la crise de l'anthrax produit par un laboratoire relevant du Pentagone et menant des travaux sur la militarisation de cette substance) ; refus des inspections prévues par la convention sur les armes chimiques de 1993 au motif de la protection des secrets industriels – Washington se retrouvant ainsi avec la Chine et l'Iran pour fragiliser ce traité international.

Glissement stratégique de Washington

A cela s'ajoute le rejet de la convention contre les mines antipersonnel de 1997, aux côtés de la Chine, pour « protéger les troupes américaines de Corée » et le refus de la négociation sur le commerce des armes légères, au motif que le deuxième amendement de la Constitution américaine donne droit aux armes individuelles. Egalement repoussée : la justice collective de la Cour pénale internationale (CPI), pourtant proposée par le président Clinton. Le Congrès alla jusqu'à menacer de couper les subsides aux pays du Sud bénéficiaires d'aides publiques américaines s'ils ne signaient pas un traité bilatéral pour s'interdire d'extrader des citoyens américains poursuivis par la CPI.

L'unilatéralisme, c'est encore le pouvoir de décider qui, à chaque moment, est l'« ennemi » : l'Irak (comme l'a affirmé M. Colin Powell, le 6 février 2003, à l'Organisation des Nations unies [ONU]), l'Iran, Al-Qaida, etc. Ce pouvoir d'énonciation impose à la « communauté internationale » un échéancier, celui de la « guerre globale contre le terrorisme » et contre la prolifération. Le discours de M. George Bush de janvier 2002 dénonçant l'« axe du Mal » en est un exemple. Le président américain passe sans hésitation, et sans cohérence, de la guerre contre le terrorisme islamiste, responsable du 11-Septembre, à la lutte contre la prolifération (ni la Corée du Nord ni l'Iran n'étaient pourtant accusés de rapports troubles avec M. Oussama Ben Laden). En dressant une liste précise de pays dangereux, M. Bush délivrait a contrario des brevets de « proliférateurs acceptables » à Israël, à l'Inde et au Pakistan, reconnaissant ainsi que toutes les proliférations ne sont pas déstabilisantes.

L'unilatéralisme, c'est également le pouvoir d'agir militairement seul : l'effort de défense américain représente la moitié des dépenses mondiales d'armements. La réflexion actuelle sur l'emploi de petites armes nucléaires (« mini-nukes ») et l'affirmation du principe de la guerre préemptive reflètent les grandes composantes de la réflexion stratégique d'un pays qui n'a jamais connu de guerre de destruction totale sur son territoire (7) – mais qui réfléchit placidement aux moyens de la déclencher chez les autres. Enfin, et on le voit avec l'Irak, l'unilatéralisme, c'est le droit que l'on s'accorde de redessiner la carte du globe. En témoigne le projet de « Grand Moyen-Orient ».

Les Etats-Unis sont la dernière démocratie à avoir mené une guerre chimique au cours de la seconde moitié du XXe siècle. Au Vietnam, en larguant, entre 1961 et 1971, quarante millions de litres d'« agent orange », soit trois cent trente-six kilos de dioxine, produit particulièrement toxique que l'Europe a découvert à Seveso (8). Les tribunaux américains ont accepté récemment d'indemniser d'anciens GI victimes de cette arme effroyable, mais ils refusent de reconnaître ce droit aux victimes vietnamiennes.

Les élections américaines ont-elles changé la donne ?

Trois éléments communs se retrouvent chez, Mme Hillary Clinton, MM. Barack Obama et John McCain.

La vision messianique des Etats-Unis subsistera, les alliés étant plus ou moins consultés.

Même M. Obama, candidat le plus sensible aux réactions internationales, n'a mené aucune audition en tant que président de la sous-commission Europe de la commission sénatoriale des relations extérieures. L'individualisme, le moralisme et l'exceptionnalisme qui imprègnent les élites aussi bien que l'opinion publique expliquent le sentiment consensuel que nul n'est en droit de remettre en question la pureté de leurs intentions.

Ni la justesse de leurs définitions du Bien et du Mal (9).

Le glissement stratégique de Washington, de la dissuasion – une doctrine de préservation de la paix qui a fonctionné pendant toute la guerre froide – à la préemption, qui est une logique de déclenchement de la guerre, trouve son origine dans l'exceptionnalisme américain. Lequel postule que la sécurité du pays ne doit dépendre de personne et qu'elle pourrait justifier à elle seule une attaque préventive. Le 11-Septembre, qui fut une attaque directe et meurtrière sur le territoire américain, a consolidé ce genre de « postulat ». Seul frein psychologique à cette dérive, la mort de quatre mille GI (qui pèse plus dans le débat électoral que celle des centaines de milliers d'Irakiens).

Seconde constante programmatique des aspirants à la Maison Blanche, la solidarité inconditionnelle avec Israël, qui rend plus aléatoire encore une paix durable au Proche-Orient.

Favorables au « Grand Israël », les néo-évangélistes revendiquent le soutien de 30 % de la population américaine ; leur influence redouble le rôle traditionnel de la communauté juive organisée (10). S'agissant du monde musulman, la plupart des discours politiques comportent le terme d'islamo-fascisme, comme si l'islam avait l'exclusivité de la violence et du radicalisme (11).

Dans la région, la diplomatie américaine a d'ailleurs adopté la règle du « deux poids, deux mesures ». Conseiller de Mme Clinton, M. Richard Holbrooke a déclaré : « La question centrale en Palestine n'était pas la démocratie mais la paix avec Israël. (…) Dans la région, entre la paix et la démocratie, je choisis la paix sans hésiter (12). »

La remarque semble également s'appliquer à l'Iran. Seul pays de la région dont le président est élu avec 55 % des voix, il est plus démocratique et moins islamiste que l'Arabie saoudite, moins nucléaire que le Pakistan ou Israël. Les déclarations provocatrices de M. Mahmoud Ahmadinejad ne peuvent masquer l'origine de sa quête de l'arme nucléaire.

Elle remonte à la guerre avec l'Irak (1980-1988), pays agresseur soutenu jusqu'à l'extrême par les Occidentaux. Le conflit a causé entre huit cent mille et un million de morts iraniens, d'où le rôle aujourd'hui encore des anciens combattants (à travers les pasdarans ou la Fondation des martyrs) ; l'emploi des armes chimiques contre ces soldats n'a jamais été condamné par les Occidentaux. Enfin, le pays est entouré par les forces d'une superpuissance qui s'est donné comme ambition de renverser le régime (les troupes américaines stationnent en Irak, en Afghanistan et dans le golfe Arabo-Persique) et d'un nouveau pays proliférant toléré par Washington, le Pakistan.

Dans ces conditions, un responsable politique de Téhéran peut-il croire aux garanties de sécurité données par les Etats-Unis ?

Un militarisme humilié

Dernière caractéristique commune à tous les candidats : une prédilection pour le surdimensionnement de l'outil militaire et pour l'usage de la force.

Le budget militaire américain pour l'année 2009 dépasse les 600 milliards de dollars.

Et le soutien de l'opinion publique à l'emploi de la force ne trouve pas d'équivalent dans d'autres démocraties : 82 % contre 44 % en Europe (13).

Quelle que soit leur appartenance politique, les stratèges de Washington n'envisagent pas autre chose qu'une direction américaine de la sécurité du monde.

Ce droit moral s'appuie sur le principe de suprématie militaire : supériorité technologique et puissance de feu conduisent l'adversaire à la défaite. Une voie qui montre ses limites en Irak comme en Afghanistan.

On peut d'ailleurs se demander si la suprématie militaire américaine conventionnelle n'est pas un facteur de prolifération nucléaire. Après la victoire militaire de l'OTAN au Kosovo, le chef d'état-major indien déclarait : « On ne se bat pas contre les Etats-Unis sans arme nucléaire. » Symétriquement, la guerre en Irak, les difficultés russes en Tchétchénie comme l'invasion israélienne du Liban en 2006 ont montré l'efficacité restreinte des outils militaires classiques et des stratégies de destruction dans les conflits d'occupation. Néanmoins, au lieu de susciter une réflexion critique, l'impasse en Irak a débouché sur une stratégie du « prompt global strike » qui permettrait une attaque sur n'importe quel point du globe avec des missiles conventionnels en moins d'une heure, version nouvelle de la supériorité aérienne sans risque au sol.

La fabrication de l'ennemi par les « boîtes à idées » et les stratèges demeure une mécanique très efficace. Dans la « stratégie de sécurité nationale » rédigée pour Mme Clinton par le Center for American Progress (14), la liste des ennemis potentiels est analogue à celle des néo-conservateurs. On y trouve d'abord les rivaux pour le leadership – les peer competitors –, Chine et Russie. Il est intéressant de constater combien le débat sur la sous-évaluation du dollar par rapport à l'euro s'est changé, par la grâce de la dialectique américaine, en un débat sur la sous-évaluation du yuan.

A l'égard de ces puissances, la doctrine adoptée est celle du containment (endiguement), voire du refoulement, comme le montrent les multiples soutiens d'organisations non gouvernementales (ONG) américaines aux pays de la périphérie soviétique (Ukraine, Géorgie…). Mais entre ces puissances nucléaires, le risque de guerre est peu élevé : la dissuasion restera longtemps encore la règle.

Viennent ensuite les pays de l'« axe du Mal », parmi lesquels l'Iran occupe une place à part, et enfin les pays nuisibles, comme la Syrie, le Venezuela ou Cuba. Dans leur cas, l'action unilatérale américaine n'est pas exclue, en particulier pour compenser une éventuelle défaite en Irak. Le choix d'une guerre gagnable contre un ennemi secondaire par un militarisme humilié est toujours possible, comme le fut l'invasion de la Grenade par Ronald Reagan, en 1983, après la révolution iranienne de 1979.

Contre l'Iran, il en va tout autrement. Le risque nucléaire existe car Washington ne supporterait pas une résistance durable. Lorsque M. Obama a exclu le recours à l'arme nucléaire pour frapper des cibles liées à Al-Qaida ou aux talibans en Afghanistan et au Pakistan, il a immédiatement été critiqué par Mme Clinton, affirmant qu'un président américain ne pouvait écarter l'option nucléaire.

Autre scénario de conflit probable : la guerre pour le contrôle des ressources. Plus que jamais, les Etats-Unis importent nombre de produits de base et de ressources énergétiques. Leur dépendance va croître : 66 % de la consommation de pétrole et 20 % de la consommation de gaz en 2030 contre 47 % et 18 % aujourd'hui  (15). D'autre part, les besoins énergétiques de l'Inde (90 % de sa consommation) et de la Chine (80 %), qui s'approvisionnent surtout au Proche-Orient, sont immenses. Comment Washington gérerait-il un embargo ou une captation de certaines de ces ressources par une puissance régionale (nouvelle Organisation des pays exportateurs de pétrole) ou globale (Chine en Afrique, Russie sur le marché pétrolier et gazier…) ? Par le libre jeu du marché ou par l'action armée ?

L'apparition (prochaine) dans le golfe Arabo-Persique de navires de guerre chinois ou indiens venus, selon la terminologie usuelle, « sécuriser leurs voies d'approvisionnement » sera-t-elle vue par les Etats-Unis comme une ingérence ou comme une contribution à la stabilisation globale ?

Volonté de modifier l'ordre existant

Aucun de ces scénarios n'est certain. Mais la transition vers un système de multilatéralisme ouvre, comme toutes les phases de mutation, une période instable. Les phases de paix durables sont liées à l'équilibre des puissances et non au développement ou au recul de la démocratie dans le monde. Pour assurer la stabilité durant la guerre froide, les pays occidentaux ont soutenu ou installé des dictatures, comme celle des colonels en Grèce ou des militaires en Amérique latine dans les années 1970. En revanche, les phases d'instabilité internationale naissent de l'affirmation de nouvelles puissances et de leur volonté de modifier l'ordre existant : l'Allemagne contestant le diktat de Versailles après 1918, les peuples colonisés refusant l'ordre colonial, le Pakistan et l'Inde cherchant à redessiner le tracé colonial, y compris par la guerre, etc.

Stratégie classique de puissance, la volonté américaine de prévenir l'émergence d'un compétiteur ne constitue pas un projet de sécurité internationale. Jadis, la puissance britannique avait énoncé le « double standard » : il limitait le droit d'un rival à posséder une flotte qui atteigne la moitié du tonnage de celle de Sa Très Gracieuse Majesté. La réflexion stratégique américaine se situe dans une démarche analogue. Il est fascinant d'entendre le secrétaire à la défense Donald Rumsfeld, en Chine, en novembre 2005, expliquer aux autorités locales combien leur effort de défense est préoccupant, alors que celui-ci n'atteindrait, au mieux, que le sixième du budget du Pentagone.

Non moins étonnantes sont les accusations répétées contre les agents iraniens qui déstabiliseraient l'Irak, comme si les quelque cent cinquante mille GI et les cent cinquante mille mercenaires présents sur place avaient contribué à la paix dans la région.

Bien sûr, les Etats-Unis ne sont pas une menace mais un risque ! La France et l'Europe doivent s'interroger sur le projet diplomatique caché derrière l'appel à un rôle renforcé de l'OTAN. Après l'Afghanistan et surtout l'Irak, quel pays non occidental (au sens où M. Balladur et les cinq officiers généraux définissent la solidarité « occidentale ») percevra les capacités de projection de l'OTAN comme une force destinée à stabiliser une région en crise ?

Où se trouve l'intérêt de l'Europe ? D'abord, dans la construction d'une sécurité internationale multilatérale qui tienne compte des intérêts légitimes de chacun et non pas seulement du droit des « puissances occidentales » à gérer la sécurité de la planète. Les excès de violence et d'illégalité, qu'ils soient étatiques ou non étatiques, sont condamnables dans les mêmes termes. Les morts palestiniens des bombardements israéliens sont aussi inadmissibles que les victimes des attentats terroristes. Si l'antiterrorisme tue plus que le terrorisme, que dénonce-t-on ?

Il en va de même pour l'enlèvement et l'emprisonnement illégaux d'un individu : dans le cas des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), on appelle cela une prise d'otages, dans le cas du centre de détention de Guantánamo, une « détention arbitraire ». Mme Ingrid Betancourt a été enlevée le 23 février 2002. Le Camp Delta de Guantánamo a été créé le 27 février 2002 pour les premiers prisonniers d'Afghanistan, qui ne sont toujours pas jugés…

Pour jouer son rôle, l'Europe devrait se différencier en trois choix essentiels. En premier lieu, son projet diplomatique ne peut être que celui d'une « puissance militaire sans ambition impériale ». Il s'ensuit une modification sensible de son rapport à l'OTAN. L'union des Européens a éclaté à propos de la guerre en Irak. La menace de guerre contre l'Iran présente les mêmes risques.

En deuxième lieu, la stratégie européenne de recours à la force doit se différencier des concepts américains de destruction, et avancer des stratégies de neutralisation. Dans les crises récentes (Yougoslavie, Kosovo, Timor-Leste, Afghanistan…), les Occidentaux ont financé la reconstruction des infrastructures qu'ils avaient détruites. Peut-être vaut-il mieux en démolir le moins possible et éviter de transformer les populations « libérées »en ennemis ?

Enfin, l'Europe pourrait disposer de son propre système d'évaluation des crises et non plus dépendre des renseignements américains. Les mensonges des Etats-Unis et des Britanniques pour justifier la guerre en Irak soulignent l'urgence d'une réflexion sur les moyens européens. Toutes ces propositions accèdent difficilement au débat public ; elles ont pourtant une certaine actualité.

Pierre Conesa.

http://www.monde-diplomatique.fr/2008/04/CONESA/15799

 

 



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